Apprendre à contrôler la douleur grâce au guidage par échographie en Zambie

December 17, 2019

Une équipe d'anesthésistes consultants et en formation du comté de Surrey, en Angleterre, s'est rendue à Lusaka, capitale de la Zambie, pourvue d'un échographe point-of-care (POCUS) afin de former des collègues zambiens aux anesthésies loco-régionales échoguidées. Le Dr Madankumar Narayanan présente les objectifs de formation de cette visite, et nous fait part de la réponse enthousiaste des médecins zambiens ayant participé aux ateliers théoriques et pratiques proposés par l'équipe afin de démontrer les avantages des procédures échoguidées.

Une réponse à un besoin en Zambie

Au Royaume-Uni, les étudiants en anesthésie entreprennent souvent des projets « indépendants » dans des pays en développement, dans le but d'enrichir leur expérience clinique et professionnelle. L'un de ces étudiants s'est ainsi rendu à l'hôpital universitaire de Lusaka dans le cadre de sa formation et y a constaté les difficultés rencontrées lorsque les blocs échoguidés n'étaient pas réalisées pour contrôler la douleur des patients. Une fois de retour, il a mobilisé ses collègues britanniques pour organiser un séjour de formation visant à initier les anesthésistes zambiens à l'utilisation de l'échographie pour réaliser des accès vasculaires et des blocs nerveux. Trois médecins spécialistes et un médecin en formation ont pu participer à ce projet et rejoindre deux autres jeunes étudiants en médecine britanniques déjà sur place.

Un équipement idéal pour la formation à l'échographie

L'hôpital universitaire de Lusaka est le plus grand établissement hospitalier de Zambie, et le plus moderne. Il était donc logique que le projet de formation se déroule en son sein. Il a été décidé que la visite durerait une semaine, avec deux jours de formation théorique, quatre jours de formation pratique en salle d'opération et une journée dédiée à la consolidation des acquis. Pour cette occasion, Fujifilm Sonosite a fait don à l'équipe britannique d'un échographe point-of-care portable, pour que ce dernier demeure ensuite à l'hôpital de Lusaka pour de futures utilisations.

Les anesthésistes de l'hôpital universitaire de Lusaka connaissaient peu l'échographie Point-Of-Care. Leur méthode pour désigner un site où réaliser un accès vasculaire reposait uniquement sur des repères cliniques. De plus, ils utilisaient très peu l'échographie dans le cadre des examens diagnostiques ou de la gestion de la douleur. Une grande partie des anesthésistes évoluant en salle d'opération n'avaient jamais assisté à la réalisation d'un bloc nerveux. Il est également important de noter que l'accès au médicaments anti-douleur est restreint en Zambie. Les patients devaient donc supporter des niveaux de douleur élevés après une opération, ce qui prolongeait souvent la durée de leur séjour à l'hôpital.

Déroulement de la formation

L'équipe britannique a organisé un atelier préliminaire réunissant 20 anesthésistes en provenance de l'ensemble du territoire zambien. Ces derniers avaient préalablement reçu une documentation complète avec laquelle se familiariser. Cet atelier consistait principalement à expliquer comment utiliser l'échographe, tenir l'aiguille, effectuer un balayage et, surtout, comment se servir de l'échographie pour guider un accès vasculaire et identifier chaque nerf. Parmi les 20 anesthésistes participant à l'atelier, 4 ont été sélectionnés pour suivre une formation pratique sur des patients en salle d'opération. L'apprentissage s'est d'abord limité à des blocs simples et à faibles risques (fémoral, axillaire, poplité ou ilio-fascial) afin de les aider à gagner en confiance.

Réponse des médecins zambiens

Les échographes Sonosite se différencient par leur fonctionnement hautement intuitif, même pour les médecins n'ayant jamais eu recours à la technologie POCUS. Ces appareils sont capables de résister à de nombreuses utilisations et à des chutes ou des chocs accidentels. En outre, ils sont incroyablement faciles à utiliser, ce qui encourage les médecins à poursuivre leur formation et à davantage s'en servir. Les préréglages s'avèrent également très pratiques : en quelques minutes à peine, les anesthésistes zambiens ont pu mettre en corrélation les images échographiques qu'ils visualisaient avec leurs connaissances en anatomie. Ces dernières ont également permis aux médecins de progresser et d'utiliser l'échographie pour faciliter l'identification des nerfs et des veines. Après seulement deux jours de formation, les participants étaient vraiment impatients de développer l'utilisation de l'échographie POC dans le cadre de la gestion de la douleur, en particulier pour les patients ayant subi une opération chirurgicale d'un membre à la suite d'un traumatisme. Ils ont immédiatement remarqué l'incroyable potentiel qu'offrirait son utilisation à l'échelle du pays, si bien qu'il a déjà été prévu que les quatre anesthésistes formés en salle d'opération transmettent leur savoir au sein de l'hôpital.

Le projet de Lusaka s'est révélé un véritable succès puisqu'il a permis de sensibiliser les médecins zambiens aux avantages qu'offre la technologie POCUS pour la gestion de la douleur. Ces médecins sont d'ailleurs impatients de développer davantage leurs compétences. L'équipe britannique, quant à elle, a hâte de continuer à aider les hôpitaux de Lusaka et du reste de la Zambie, et à terme, d'améliorer la vie de ses habitants qui souffrent au quotidien.

Partager